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Voyage dans un monde parallèle !

Être aux commandes d’Appolo 11 au décollage ne relève plus de la mythomanie mais d’une expérience virtuelle ! Dans cet univers, vous voyagez, seul, équipé d’un casque high-tech qui vous  « télé transporte » depuis… votre salon ! Une expérience émotionnelle fascinante mais dont l’usage impose certaines limites. On a testé pour vous !

Avec l’avancée des nouvelles technologies, il est désormais possible avec un casque d’orienter sa tête et son regard à 360°C dans un monde virtuel. Selon la performance du casque, on peut effectuer certains gestes par la reconnaissance de mouvements et parfois se déplacer quelques mètres autour de soi tant dans la réalité que dans l’univers parallèle proposé par le logiciel.

En arrivant au workshop « Découverte de la réalité virtuelle » animé par Éric et Sébastien Martin, co-gérants d’Otidéa et Julien Fiedos, développeur de cette agence de communication tarbaise et organisé il y a plusieurs par la Mêlée Adour à Crescendo, j’avais sciemment limité mon nombre de cafés par crainte de nausées, en écho avec certaines expériences 3D mal vécues.

Première découverte : La réalité virtuelle n’est pas à proprement parler une révolution technologique. Le concept date d’au moins soixante ans et revient au pionnier du genre Morton Heilig.  Dans les années 80 et 90, cette technique évolue sous différentes formes et connaît plusieurs essais commerciaux et plusieurs…échecs. Deux raisons : une technologie pas encore assez avancée et une défiance envers un concept jugé anxiogène. Explication de Sébastien Martin : « Le regain d’intérêt pour la réalité virtuelle est un ensemble de raisons interdépendantes les unes des autres. Actuellement, le marché des smartphones et des tablettes est arrivé à maturité  et les grands de l’électronique grand public cherchent un marché de croissance ».

Un casque à partir de 700 euros environ

« Aujourd’hui tous les constructeurs spécialisés se mettent à concevoir des casques mais tous n’ont pas le même niveau de technique. On peut acheter un casque pour un prix moyen de 700 euros. Il faut ensuite y ajouter une carte graphique et un smartphone équipé d’un gyroscope. Le logiciel définit également l’usage » décrypte Éric. Trois types de contenus sont visibles : des photos, des vidéos et de la 3D via des images de synthèse. Premier niveau d’immersion avec un cardboard : un casque en carton que chacun peut tester à condition de télécharger au préalable l’application sur son smartphone. Il suffit ensuite de glisser le smartphone au bon emplacement dans le casque. La visite est sympa mais limitée techniquement. Deuxième essai avec le casque  Samsung  Gear VR. Je me retrouve en haut d’une falaise et le sentiment de crainte quand je regarde en bas est vraiment extraordinaire. En dépit de la faiblesse technique de l’image je peux presque sentir la brise d’air froide comme si je volais à travers les nuages. L’oculus rift CV1 est lui équipé d’une caméra qui traque les déplacements et d’un gyroscope. Mon voisin, Stéphane essaie un casque le plus élaboré : le HTC Vive. Avec une résolution de 1080 x 1200 pixels, 32 capteurs intégrés dans le casque, ce casque lui donne l’impression d’être aux commandes d’Appolo 11. Avec un tel jouet, difficile ne pas y passer des heures. Gare aux addictions ! La réalité virtuelle possède ainsi les défauts de ses qualités. Le Docteur Jaulery, chirurgien ophtalmologiste au Centre hospitalier de Bigorre pointe les risques des écrans OLED et AMALED pour les enfants de moins de 15 ans : « Ces écrans qui fabriquent une image à quelques cm de l’œil engendrent en cas d’utilisation excessive une sur-accommodation pouvant occasionner une myopie. Ils émettent une lumière bleue toxique pour le cristallin des enfants qui ne la filtre pas, ce qui peut entraîner une maladie de la rétine ». Quant aux adultes, il est conseillé de limiter les sessions à trente minutes et de bien s’informer au préalable avant tout utilisation en lisant les conseils des fabricants.

 

 

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Bastide de Navarrenx en 3D : Projet Cinquencento

Légende photo : La réalité virtuelle est également un outil professionnel pour la formation (entraînement au vol ou à la chirurgie) car elle permet une mise en situation poussée tout en minimisant les dangers liés à l’échec. Elle  est notamment utilisée par l’armée, en archéologie et en éducation. L’agence tarbaise Otidéa qui a réalisé une expérience immersive 360°C en réalité virtuelle pour le Syndicat Mixte de traitement des déchets des Hautes-Pyrénées va développer cette technologie dans les secteurs du tourisme et de l’architecture. En Béarn, en 2016, la bastide de Navarrenx, projet Cinquencento-, a été modélisée au 11e siècle par les agences Exlinéo, Epys et Adero. D’autres agences locales à l’instar du Studio So Happy suivent de près ces nouvelles technologies.